Les biens communs, comment (co)gérer ce qui est à tous ?

Les actes du colloque « Les biens communs, comment (co)gérer ce qui est à tous ? » viennent d’être publiés.

Les biens communs c’est un vocabulaire pour réenchanter notre imaginaire, une voie à défricher pour réussir la transition écologique et sociale.

Ni biens privés, échangés sur le marché et ne répondant qu’à une logique de profit individuel, ni biens publics, produit par l’Etat, les biens communs procèdent d’une autre démarche. Ils existent par la volonté de communautés qui s’organisent pour gérer collectivement une ressource afin d’en garantir la pérennité et l’accès à tous, parfois en interaction avec le marché, parfois avec l’Etat, parfois avec les deux. On pense souvent à l’eau, les forêts, l’air, les transports en commun, les langues, la connaissance, les ressources génétiques, le web, les monnaies, etc. Un rôle important y est dévolu au politique : celui de reconnaître et de soutenir ceux qui – de plus en plus nombreux – veillent à ces biens communs. Car les richesses dont ils sont générateurs ont pour noms : soutenabilité, lien social, qualité de vie, action collective…

Ce livre rassemble les textes issus d’un colloque organisé le 9 mars 2012 à Bruxelles par les trois fondations politiques écologistes : Oikos, GEF et Etopia.

Ce livre est téléchargeable (PDF) en version électronique librement.

Manifeste pour le domaine public

Le domaine public a enfin son manifeste ! Développé dans le cadre du réseau de recherche européen sur le domaine public, COMUNIA, le manifeste se propose d’actualiser la conception de ce qu’est le domaine public au 21e siècle, à l’heure d’internet et des échanges informationnels (numériques). Le manifeste formule également un certain nombre de recommandations. En espérant qu’elle seront entendues et que le manifeste soit diffusé et d’usage, dans l’intérêt du plus grand nombre. Extrait de l’introduction du manifeste dans sa version française:
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Le domaine public, tel que nous l’entendons, est constitué de toute la richesse des informations qui sont accessibles et utilisables sans les obstacles habituellement associés à la protection par le droit d’auteur et le copyright. Cela peut être parce que ces productions sont libres de droits, ou parce que les détenteurs de ces droits ont décidé de lever les obstacles liés aux droits restrictifs. Dans ce sens, le domaine public est la base de notre compréhension de nous­-mêmes, telle qu’elle s’exprime dans notre savoir partagé et notre culture. C’est la matière première à partir de laquelle de nouvelles connaissances et de nouvelles œuvres culturelles sont créées. Le domaine public agit comme un mécanisme de protection qui garantit que cette matière première est disponible à son simple coût de reproduction ­ proche de zéro — et que tous les membres de la société peuvent construire en l’utilisant. L’existence d’un domaine public prospère et en bonne santé est essentiel au bien­être social et économique de nos sociétés. Le domaine public joue un rôle essentiel dans les domaines de l’éducation, de la science, du patrimoine culturel et de l’information issue du secteur public. Un domaine public riche et bien entretenu est l’une des conditions pour que chacun, où qu’il soit dans le monde, bénéficie des principes de l’article 27(1) de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (« Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. »).

En savoir plus:

Préparation de la décision politique : le trop-plein de corruption

Philippe AigrainSpécialiste des questions de propriété intellectuelle dans le contexte en mutation de notre société du savoir (voir son livre Causes Communes) et défenseur des biens communs informationnels, Philippe  Aigrain, nous soumet un article d’actualité fort intéressant à l’heure où les politiques européennes s’apprêtent à voter un « paquet télécom» cet été 2008. Les dérives démocratiques sont criantes dans cet univers dominé par les forts lobbys de l’industrie musicale (encore!).

Comme le note son auteur, cet article est un peu long à lire mais  il en vaut vraiment la peine pour mieux comprendre les enjeux, ainsi  que les conflits d’intérêts qui entravent la bonne gouvernance démocratique de l’Union Européenne et de nos États.

Vous pouvez le retrouver sur le site de Philippe Aigrain en version originale, où ci-dessous, avec des passages que j’ai mis en évidence qui me paraissent particulièrement parlants.

Cet article de Philippe Aigrain a été publié sur son blog le 6 juillet 2008.
Licence Creative Commons BY-SA/2.0/Fr

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Eben Moglen : “Je ne les qualifierai pas de voleurs, sauf s’ils me traitent de pirate”

Auteur de L’Anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright, et du Manifeste du Point-Communiste (The dotCommunist Manifesto, en VO), Eben Moglen est considéré comme l’un des penseurs les plus radicaux, mais aussi un des plus pertinents, de la société de l’information.

C’est à ce titre qu’il avait été invité par la Fing et la Quadrature du Net, un collectif de défense des libertés à l’ère du numérique, à venir parler, le 5 juin dernier à la Cantine, des liens entre culture et internet (télécharger la vidéo).

 

Eben Moglen Conference

 

Eben Moglen Conference : http://www.laquadrature.net/fr/conference-deben-moglen-du-jeudi-5-juin-l…

Cet article de Jean-Marc Manach a été publié sur InternetActu.net le 1er juillet 2008 sous licence Creative Commons BY-NC/2.0/Fr.

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