Pirater n’est pas voler!

Je suis tombé ce matin sur un article fort intéressant sur le blog de Stephanie Booth. L’article est une analyse des mythes employés  contre le partage de fichiers… Ces mythes, vous en avez déjà entendu parler, ce sont par exemple les suivants:

  • « Pirater, c’est voler »
  • Chaque copie téléchargée représente la perte d’une vente
  • Les artistes sont des gens qui vendent des CD
  • La chute des ventes de CDs est imputable au téléchargement illégal
  • On est tous des criminels!
  • On eut être « propriétaire » une idée
  • C’est la fin du monde!

piracy-is-not-theftJe ne vous livre ci-dessous que l’introduction de l’article et non son intégralité car, étrangement pour un article sous licence Creative Commons et traitant du partage sur internet, cela déplaisait à son auteure, malgré toute les mentions de rigueurs. Mais je vous encourage, bien entendu, à lire l’article  en son intégralité.

Pirater n’est pas voler. Le vol enlève l’objet original, le piratage le duplique:

Pirater, c’est donc plutôt comme photocopier un livre à la bibliothèque ou vite graver une copie d’un CD qu’on nous a prêté.

Je suis atterrée de voir à quel point le lavage de cerveau opéré par la grosse machine a faire du fric de l’industrie du film et de la musique a été efficace: nombre de personnes dans mon entourage avalent tout rond l’affirmation selon laquelle le téléchargement d’oeuvres protégées par le droit d’auteur est un crime comparable (si ce n’est pire!) à aller se servir dans le porte-monnaie des artistes.

Il est temps de monter au front, à l’heure de la Loi Hadopi, du procès The Pirate Bay (suite auquel le Parti des Pirates est en passe de devenir un acteur majeur de la politique suédoise), et du cautionnement par le Tribunal Administratif Fédéral des activités de traquage d’IP par la société Logistep (rejoignez le groupe Facebook), pour renverser la vapeur, lutter contre ce lavage de cerveau, dénoncer les arguments fallacieux (voire malhonnêtes et confinant au mensonge) d’une industrie qui échoue à se réinventer face aux évolutions technologiques du monde moderne, bref, remettre les pendules à l’heure et l’église au milieu du village.

Contrairement à ceux qui voudraient nous faire penser que télécharger (ou partager) un mp3 ou une série télé fait de nous des criminels endurcis (souvent récidivistes), méritant la prison, l’amende, ou tout du moins l’opprobre général de la société (nous mettant du coup dans le même sac que les meurtriers, les voleurs, les faussaires, les plagiaires, et autres escrocs) — je vais prendre le temps ici d’expliquer ce que j’avance. On fera un peu d’histoire, un peu d’argumentatif que tout le monde peut suivre, je ferai intervenir quelques témoins, on regardera quelques chiffres. Je m’efforcerai de nommer les mythes que nous servent au petit-déjeuner les apôtres d’un droit d’auteur conçu pour le monde des objets physiques, et nous les regarderons ensemble s’écrouler sous le poids de la réalité numérique d’aujourd’hui. (Oui, “mythe” c’est un peu plus diplomatique que “mensonge”.)

Ce n’est pas gagné d’avance:

  • le lavage de cerveau à fonctionné — à force de répéter les choses, les gens finissent par y croire
  • les raisonnements et les statistiques n’ont que peu de poids face à un adversaire qui manipule l’émotionnel
  • la loi reste la loi, et le non-respect du droit d’auteur est illégal.

Mais ne nous décourageons pas. En répétant à notre tour, on peut espérer se faire entendre par nos concitoyens.

Lire la suite de l’article (lien externe)

Tu ne téléchargeras point…

Extrait de la série anglaise The IT Crowd

Épinglé sur l’article non moins intéressant de Maître Eolas, au sujet de « l’affaire Muholland Drive ». Pour la cour d’appel, le droit à la copie privée est une exception au droit, pas un droit lui-même. Au final, le Tribunal a donc débouté définitivement le plaignant qui souhaitait se faire rembourser l’achat de son DVD pour cause de l’impossibilité d’exercer son droit de copie privée qui semblait pourtant légitime. Plus d’explications:

Brève sur Linuxfr.org | Article sur le site de Maître Eolas

« Le piratage c’est super, la musique doit être partagée! »

Pendant ce temps-là, et qu’en France on s’apprête à  mettre en place des lois répressives contre les internautes, on a quand même une artiste, Joss Stone, qui, lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense du piratage répond:

Je trouve ça génial (…). Oui j’aime ça. Je trouve ça super et je vais vous dire pourquoi. La musique doit être partagée […]. La seule chose que je n’aime pas dans le milieu de la musique, c’est tout le business qui va avec. Maintenant, si la musique est libre, il n’y a plus de business et il ne reste plus que la musique. Donc, oui, j’aime ça, je trouve qu’on doit la partagée.

Si des gens paient, c’est parfait, c’est vraiment chouette, mais s’ils la copie et la partage avec leurs amis, je m’en fout. Ce n’est pas mon problème de savoir comment on écoute ma musique tant qu’on l’écoute. Tant qu’on vient à mes concerts et qu’on passe un moment génial en écoutant le live, c’est cool. Donc je ne m’en préoccupe pas. Je suis heureuse quand on écoute [mes chansons]!

Tout comme dans mon précédent billet, relevons qu’elle n’est pas la seule à avoir cette attitude et  qu’en même temps, plusieurs études vont jusqu’à montrer que le « piratage » peut bénéficier aux artistes directement.

Sources:

Qui vole qui ?

Nos artistes sont « inquiets, très inquiets ».

Pitié, « ne pillez pas nos oeuvres ! » Tel est le cri de détresse lancé par les 52 artistes signataires de l’appel contre le « piratage » sur le net et qui par cette occasion affirment leur soutient à la future loi française « Hadopi », rebaptisée “Loi Création et Internet”, qui prévoit un filtrage du net, une surveillance généralisée des internautes et une « riposte graduée » pour ceux qui oseraient encore télécharger de la musique illégalement.

Ils nous lancent aussi un « ne soyons pas hypocrites ».  Mais qui est hypocrite dans l’histoire? Cet internaute que l’on accuse de « piraterie » quand il veut écouter un morceau? Cet artiste trop vite convaincu d’avoir un manque à gagner et d’être « pillé » par ce même internaute? Ces vieilles majors qui sont dépassées et qui veulent défendre leur business en appliquant leurs anciennes méthodes ? Ou bien encore le politique qui n’ose pas ouvrir de véritable débat démocratique sur le sujet et entamer des réforme dans le respect et l’intérêt de ses citoyens, de la diversité culturelle, de l’accès à la culture et au savoir ?

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