Les biens communs, comment (co)gérer ce qui est à tous ?

Les actes du colloque « Les biens communs, comment (co)gérer ce qui est à tous ? » viennent d’être publiés.

Les biens communs c’est un vocabulaire pour réenchanter notre imaginaire, une voie à défricher pour réussir la transition écologique et sociale.

Ni biens privés, échangés sur le marché et ne répondant qu’à une logique de profit individuel, ni biens publics, produit par l’Etat, les biens communs procèdent d’une autre démarche. Ils existent par la volonté de communautés qui s’organisent pour gérer collectivement une ressource afin d’en garantir la pérennité et l’accès à tous, parfois en interaction avec le marché, parfois avec l’Etat, parfois avec les deux. On pense souvent à l’eau, les forêts, l’air, les transports en commun, les langues, la connaissance, les ressources génétiques, le web, les monnaies, etc. Un rôle important y est dévolu au politique : celui de reconnaître et de soutenir ceux qui – de plus en plus nombreux – veillent à ces biens communs. Car les richesses dont ils sont générateurs ont pour noms : soutenabilité, lien social, qualité de vie, action collective…

Ce livre rassemble les textes issus d’un colloque organisé le 9 mars 2012 à Bruxelles par les trois fondations politiques écologistes : Oikos, GEF et Etopia.

Ce livre est téléchargeable (PDF) en version électronique librement.

À quoi ça sert de s’activer sur Internet ? Doctorow répond à Morozov

Par Alexis Kauffmann (aKa) sur Framablog

Cory Doctorow est souvent traduit sur Framablog car c’est l’une des rares personnalités qui pense l’Internet et agit en conséquence pour qu’il conserve ses promesses initiales d’ouverture et de partage.

Il a rédigé un long mais passionnant article dans The Guardian qui prend appui sur un lecture (très) critique du récent mais déjà fort commenté livre The Net Delusion: The Dark Side of Internet Freedom de Evgeny Morozov.

Chercheur biélorusse à l’université de Georgetown et chroniqueur dans plusieurs journaux, Morozov remet radicalement en question, dans son ouvrage, le pouvoir libérateur d’Internet.

On peut le voir exposer son point de vue dans cette courte conférence au format TED : Comment Internet aide les dictatures, qui constitue un excellent préambule à ce qui va suivre.

Morozov y dénonce la « cyberutopie » qui draperait la technologie de vertus émancipatrices intrinsèques, comme celle d’être nécessairement vecteur de démocratie pourvu que l’information circule sans entrave (source Rue89). Une « cyberutopie » issue de l’ignorance ou de la paresse intellectuelle de nos contemporains, qui se laissent aller au « web-centrisme » en imaginant que toutes les questions qui se posent dans nos sociétés peuvent être résolues par le prisme d’Internet (source Webdorado). Cliquer sur « J’aime » ou rejoindre une cause sur Facebook, relayer frénétiquement une information non vérifiée sur Twitter, n’ont jamais révolutionné la société,

On comprendra dès lors aisément que le « net-activiste » Cory Doctorow ait pris sa plume pour répondre dans le détail à l’argumentaire de Morozov.

Internet n’est certainement pas synonyme de libération. Mais ce réseau possède des caractéristiques particulières qui font qu’il ne ressemble à rien de ce que l’on a connu auparavant. Raison de plus pour se battre afin de conserver son principe de neutralité et faire en sorte qu’il échappe au contrôle des États et aux logiques mercantiles des entreprises privées.

Wikileaks et ses anonymous[1], hier la Tunisie, l’Égypte aujourd’hui… L’actualité récente n’est pas évoquée, mais il semblerait qu’elle penche plutôt du côté de Doctorow que de celui de Morozov.

Lire l’article sur Framablog

Vidéosurveillance à Bruxelles

Cet été, Les Amis d’Orwell se sont rendus à Bruxelles, à l’occasion du pleinOpenAir, organisé par le cinéma Nova. Le festival avait pour thème le sécuritaire. Une visite guidée sur les caméras de vidéosurveillance était animée par la Ligues des droits de l’homme et l’association locale Constant dans le quartier Saint-Gilles.

« L’impasse que font les médias et les politiques sur la diversité des causes du « sentiment d’insécurité » permet l’adoption de mesures liberticides destinées à rassurer les « braves gens » et de contrôler et poursuivre les indésirables que sont les pauvres, les étrangers et autres déviants pour ne pas avoir à reconnaître les défaillances de l’Etat à répondre aux inégalités sociales galopantes. Autre avantage, elle peut redoper l’économie en faisant de la sécurité un nouveau marché où investir : technologies de surveillance, privatisation des prisons, création de nouveaux emplois de la sécurité, redéploiement d’une nouvelle architecture orwellienne… »

Le festival du PleinOpenAir s’installe tous les ans dans différents quartiers de Bruxelles pour proposer gratuitement de visionner des films sur une thématique particulière. Cette année, le sécuritaire était au programme avec une visite guidée sur les caméras de vidéosurveillances installées dans le quartier de Saint-Gilles.

« Tout au long de nos déplacements quotidiens et jusque dans les transports en commun, nos moindres mouvements sont surveillés et enregistrés. À l’occasion de cette balade organisée en collaboration avec Hacklab, la Ligue des droits de l’homme et l’asbl Constant, nous verrons à quel point c’est un jeu d’enfant d’accéder aux images de petites caméras placées par des particuliers, dans des magasins ou autres espaces privés. En parcourant les rues de Saint-Gilles, nous découvrirons également la mesure du quadrillage des espaces publics urbains par des caméras de surveillance installées par les pouvoirs publics. »

Écoutez le reportage :

[audio:http://amaanda.free.fr/2010orwell/Orwell2-11_10.mp3]

Article original publié sur « Souriez vous êtes filmés »