À quoi ça sert de s’activer sur Internet ? Doctorow répond à Morozov

Par Alexis Kauffmann (aKa) sur Framablog

Cory Doctorow est souvent traduit sur Framablog car c’est l’une des rares personnalités qui pense l’Internet et agit en conséquence pour qu’il conserve ses promesses initiales d’ouverture et de partage.

Il a rédigé un long mais passionnant article dans The Guardian qui prend appui sur un lecture (très) critique du récent mais déjà fort commenté livre The Net Delusion: The Dark Side of Internet Freedom de Evgeny Morozov.

Chercheur biélorusse à l’université de Georgetown et chroniqueur dans plusieurs journaux, Morozov remet radicalement en question, dans son ouvrage, le pouvoir libérateur d’Internet.

On peut le voir exposer son point de vue dans cette courte conférence au format TED : Comment Internet aide les dictatures, qui constitue un excellent préambule à ce qui va suivre.

Morozov y dénonce la « cyberutopie » qui draperait la technologie de vertus émancipatrices intrinsèques, comme celle d’être nécessairement vecteur de démocratie pourvu que l’information circule sans entrave (source Rue89). Une « cyberutopie » issue de l’ignorance ou de la paresse intellectuelle de nos contemporains, qui se laissent aller au « web-centrisme » en imaginant que toutes les questions qui se posent dans nos sociétés peuvent être résolues par le prisme d’Internet (source Webdorado). Cliquer sur « J’aime » ou rejoindre une cause sur Facebook, relayer frénétiquement une information non vérifiée sur Twitter, n’ont jamais révolutionné la société,

On comprendra dès lors aisément que le « net-activiste » Cory Doctorow ait pris sa plume pour répondre dans le détail à l’argumentaire de Morozov.

Internet n’est certainement pas synonyme de libération. Mais ce réseau possède des caractéristiques particulières qui font qu’il ne ressemble à rien de ce que l’on a connu auparavant. Raison de plus pour se battre afin de conserver son principe de neutralité et faire en sorte qu’il échappe au contrôle des États et aux logiques mercantiles des entreprises privées.

Wikileaks et ses anonymous[1], hier la Tunisie, l’Égypte aujourd’hui… L’actualité récente n’est pas évoquée, mais il semblerait qu’elle penche plutôt du côté de Doctorow que de celui de Morozov.

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Un droit d’auteur malade qui criminalise les nouveaux usages

Par Nicolas Gary

L’affaire Houellebecq a des ramifications bien plus vastes qu’un conflit portant sur des emprunts à Wikipédia

Sensible à l’affaire Houellebecq-Wikipedia, la Quadrature du Net, contactée par ActuaLitté, vient de nous donner sa position, sur un sujet particulièrement délicat.

Ceux que le cabinet de Christine Albanel avait avec mépris désignés comme « cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne », portent un regard particulièrement intéressant sur la situation.

Une création nouvelle

Jérémie Zimmermann, membre du conseil d’administration de l’April et cofondateur de la Quadrature, qui avait particulièrement fait parler d’elle dès les premières heures d’Hadopi, rejoint ainsi les conclusions que nous livrait Libre Accès. « La réutilisation par Michel Houellebecq de morceaux de texte qu’il n’a pas écrits démontre que les nouvelles pratiques culturelles passent par le remix, la réutilisation, le travail participatif », explique-t-il.

Pour Libre Accès, la situation est évidente, ainsi que nous en faisait part Jérémie Nestel, cofondateur, pour qui, aucun doute : « L’exemple de Houellebecq prouve l’absurdité de lois comme ACTA, tentant de mettre des cloisons tout autour de l’escroquerie sémantique qui est désignée sous l’expression ‘propriété intellectuelle’. » (notre actualitté)

Pour qui logerait sur Pluton (un peu prétentieux de croire que l’affaire est parvenue jusqu’aux oreilles des Plutoniens), l’histoire se résume à un acte de réutilisation de certains passages de l’encyclopédie Wikipédia dans le dernier roman de Houellebecq, La Carte et le territoire.

Un droit d’auteur malade

« Dans l’état actuel du droit ça donnerait lieu à des affaires pour contrefaçon extrêmement complexes, nécessitant que soient précautionneusement appréciés la participation des uns et des autres, la proportionnalité des sanctions, le préjudice, etc. », poursuit Jérémie Zimmermann. Et pour cause : depuis que Florent Gallaire s’est appuyé sur une démonstration juridique litigieuse, pour démontrer que, vu que le roman de Houellebecq emprunte à Wikipedia, alors il doit être soumis à la même licence d’utilisation : Creative Commons BY-SA.

En clair, son roman deviendrait alors une oeuvre libre de droit. Pour Jérémie Zimmermann, l’affaire pointe également les lacunes de l’actuel appareil judiciaire. « En aucun cas des affaires de contrefaçon de cette complexité ne peuvent être gérées par des machines, ou par des sociétés privées, seulement par des juges. Or un droit d’auteur malade, obsolète, va toujours plus loin dans la direction de criminaliser les nouveaux usages, et confier à des autorités administratives (HADOPI) ou à des sociétés privées – comme c’est le cas avec les polices privées d’HADOPI, ou avec la pression mise sur les intermédiaires d’Internet avec l’accord ACTA – l’application du droit d’auteur. »

La conclusion s’impose d’elle-même : « Il faut tout réformer le droit d’auteur pour remettre le public et les nouveaux usages au cœur du dispositif. Pour permettre l’essor de la culture du partage et du remix permise par les technologies numériques, au lieu de les restreindre en tentant de les contrôler. »

Ce matin, c’est BHL qui intervenait sur France Info pour demander que l’on « lâche la grappe à Houellebecq », et aspirant à ce que l’on ne réduise pas le débat à « la question de la gratuité d’accès ».

Texte sous licence Creative Commons BY-NC-ND
URL d’origine publié le 29 novembre 2010: http://www.actualitte.com/

Podcast: Les Libertés Publiques

De plus en plus dans chaque geste de notre vie quotidienne les nouvelles technologies s’invitent. Elles  nous rendent service bien sûr mais nous identifient, nous localisent, nous tracent aussi.

Il en est de même pour nos recherches sur Internet ou pour la constitution de fichiers qui nous classent selon des critères qui nous échappent et recèlent des informations qui ne sont pas toujours exactes. Loin de là. Nombreuses sont d’ailleurs les institutions à s’émouvoir des risques de ces avancées technologiques sur nos libertés individuelles.

Il y a peu de temps encore la Commission Nationale informatique et liberté la CNIL rendait son 29è rapport annuel. Dans une certaine indifférence il faut bien le reconnaitre.

Pourtant en près de 40 pages cette commission indépendante qui emploie 132 personnes pour veiller sur nos libertés informatiques  recense les dérapages, les erreurs et les manquements constatés tant dans la gestion et la constitution des fichiers de police que dans l’installation de système de vidéosurveillance ou de biométrie. On y découvre quelques chiffres qui font froid dans le dos.

Par exemple 83% des fichiers de Police contrôlés en 2008 par la commission étaient « inexacts, erronés ou périmés ».

On entendra d’ailleurs au sujet des fichiers de police le président de la CNIL, Alex Türk dans la seconde partie de cette émission.

Nous aborderons aussi  la question de la vidéo surveillance avec le point de vue d’Alain Bauer, un des conseillers du président de la République en matière de sécurité.

«Les libertés publiques», dans Microscopie du 13 juin 2009, une émission de Radio France Internationale:

Partie 1
[audio:http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r113/microscopie_1_20090613_0810.mp3]

Partie 2
[audio:http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r113/microscopie_2_20090613_0833.mp3]

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Rebel With A Cause

« Rebel With A Cause » est une animation de Kristian Labusga réalisé comme travail de fin d’étude à  la Stuttgart Media University. Il est une illustration de l’impact socio-environnemental de la mode et de la course aux vêtements tendances ou plutôt du « bagage écologique » (ecological backpack) que la production de ces produits de consommation représente. Ce concept est proche de celui d’empreinte écologique, mais il désigne plus spécifiquement les coûts socio-environnentaux cachés engendrés lors de la production d’un bien (énergie nécessaire à la production, au transport, pollution, etc.)

Site officiel: www.rebel-with-a-cause.de

Voir aussi: Calculer son empreinte écologique (Agir 21)