Eben Moglen : “Je ne les qualifierai pas de voleurs, sauf s’ils me traitent de pirate”

Auteur de L’Anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright, et du Manifeste du Point-Communiste (The dotCommunist Manifesto, en VO), Eben Moglen est considéré comme l’un des penseurs les plus radicaux, mais aussi un des plus pertinents, de la société de l’information.

C’est à ce titre qu’il avait été invité par la Fing et la Quadrature du Net, un collectif de défense des libertés à l’ère du numérique, à venir parler, le 5 juin dernier à la Cantine, des liens entre culture et internet (télécharger la vidéo).

 

Eben Moglen Conference

 

Eben Moglen Conference : http://www.laquadrature.net/fr/conference-deben-moglen-du-jeudi-5-juin-l…

Cet article de Jean-Marc Manach a été publié sur InternetActu.net le 1er juillet 2008 sous licence Creative Commons BY-NC/2.0/Fr.

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C’est pas neuf mais c’est libre

Ça fait déjà un petit temps que je voulais vous parler de deux films intéressants. Bad Copy Good Copy et The Codebreakers.

Le temps passe vite et le sujet a déjà été traité ailleurs, mais certains éléments me poussent à tout de même parler de ces films.

  • Tout d’abord ils sont libres. Vous pouvez les télécharger et les diffuser autour de vous (au passage, vous pouvez aussi acheter la version DVD ou faire un don aux créateurs);
  • Ils apportent tous deux des éléments de réflexion tout en ayant des aspects informatifs et didactiques;
  • Ils sont peut-être connus pour un public spécialisé, mais restent inconnus pour le grand public, on peut donc  encore largement en parler;
  • Enfin, les questions sur le copyright et la propriété intellectuelle feront encore beaucoup parler d’elles dans un futur proche. Il ne peut pas être inintéressant d’écouter ce que ces gens ont à nous dire…

Oui mais de quoi s’agit-il? Et ça parle de quoi?

Good Copy Bad copy

Est un documentaire  « sur l’état actuel du copyright dans le monde » et de la culture dans le contexte de l’internet.

Musiciens, DJ, juristes nous montrent quelles sont les choses qui changent dans leur quotidien (et le nôtre). Par exemple, la musique a toujours puisé dans sa propre histoire pour innover et créer du neuf. Aujourd’hui avec l’apport du numérique, plus que jamais. Quelles sont les implications? Les difficultés? Comment rester juste? Faut-il sanctionner et garder/renforcer le modèle de propriété intellectuelle existant (qui semble pourtant avoir du mal à contenir les évolutions de notre époque), ou faut-il chercher de véritable alternative à plus long terme? Toute ces questions restent sans réponses mais elles ont le mérite d’être posée et d’alimenter la réflexion sur le sujet. A vous de vous faire une idée!

Site officiel  et téléchargement

Distribution en VF (streaming et téléchargement) / Ralamax Prod.

Durée: 59 min
Licence : Creative Commons BY-NC 2.0
Pays: Dannemark
Année: 2007

The CodeBreakers

Est un documentaire produit et diffusé par la BBC qui enquête sur les logiciels libres et leur apport dans les pays en développement (et  ailleurs aussi).

Ce film n’est pas parfait, simplifie parfois certaines choses mais s’évertue à rendre compréhensible ce qui peut l’être moins pour les personnes moins familières en terme d’informatique, de logiciel libre et de marché. En ce sens, il reste clair et accessible à tous.

Télécharger

Durée: 40 min
Licence (libre): Creative Commons – BY 2.5
Pays: Grande-Bretagne
Année: 2006

« Propriété intellectuelle » est un euphémisme malencontreux

Par Cory Doctorow trad. Hervé Le Crosnier

Hors de contrôle

Cory DoctorowMais la connaissance est différente de la propriété par bien d’autres aspects, au moins aussi importants. En premier lieu, elle n’est pas spontanément « exclusive ». Si vous entrez chez moi, je peux vous en faire sortir (vous exclure de ma maison). Si vous volez ma voiture, je peux la reprendre (vous exclure de ma voiture). Mais une fois que vous avez entendu ma chanson, une fois que vous avez lu mon livre, une fois que vous avez vu mon film, il n’est plus sous mon contrôle. A part avec des électrochocs à forte dose, je ne peux pas faire en sorte que nous oubliiez les phrases que vous venez de lire.

C’est cette différence qui rend le terme « propriété » si troublant dans l’expression « propriété intellectuelle ». Si tous ceux qui entrent dans ma voiture en emportaient une pièce, cela me rendrait fou. Je passerais mon temps à m’inquiéter de tout ceux qui franchissent mon seuil, je leur ferais signer toute une collection d’engagements quand ils veulent utiliser mes toilettes et ainsi de suite. C’est d’ailleurs ce qu’expérimentent tout ceux qui ont acheté un DVD et doivent subir un petit film insultant leur rabâchant « qu’ils ne voleraient pas une voiture ». C’est exactement le genre de comportement qui découle de l’usage de la propriété alors qu’il s’agit de connaissance.

Mais pourtant, il y a plein de choses valables autour de nous qui ne sont pas de l’ordre de la « propriété ». Par exemple, ma fille, qui est née le 3 février 2008. Elle n’est pas ma « propriété ». Mais elle m’importe sacrément. Si vous me l’enlevez, le crime ne sera pas un « vol ». Si vous la blessez, ce ne sera pas « violation aux biens mobiliers ». Nous avons tout un vocabulaire et un ensemble de concepts légaux pour régir les valeurs mises en jeu dès que nous parlons d’êtres humains.

Plus encore, même si elle n’est pas ma « propriété », j’ai néanmoins toute une série d’intérêts reconnus sur ma fille. Elle est « mienne » dans un sens très profond, mais elle est aussi sous la responsabilité de bien d’autres entités – les gouvernements du Royaume Uni et du Canada, la Sécurité sociale, le service de protection de l’enfance, et même toute sa famille qui peuvent tous prétendre intervenir sur les biens, la situation et l’avenir de ma fille.

Cet article est une traduction de « Intellectual property » is a silly euphemism, un éditorial de Cory Doctorow publié le 21 février 2008 dans The Guardian.
Le texte a été traduit depuis l’anglais (États-Unis) par Hervé Le Crosnier pour C & F éditions.
Le texte original et sa traduction sont diffusés sous licence Creative Commons BY-NC-SA.

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« Réseaux sociaux : quand les utilisateurs s’en fichent »

« Suite à un atelier consacré, cet été [2007], aux risques et enjeux en matière de sécurité des MySpace, Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, l’Enisa [European Network and Information Security Agency] vient de publier la liste des risques qu’elle a identifiés, et des bonne pratiques qu’elle recommande. Une lecture des plus instructives alors que la polémique au sujet de l’exploitation commerciale des données personnelles par Facebook enflamme et les médias et la blogosphère…»

Ce compte rendu de l’Enisa  qui est donc l’agence chargée de la sécurité informatique pour le compte de l’Union européenne, traduit et publié par InternetActu, est particulièrement si vous vous intéressez aux réseaux sociaux et à la vie privée dans le contexte numérique

Réseaux sociaux : quand les utilisateurs s’en fichent

De vraies fausses « manifs de droite »

Dans la foulée des élections françaises, certains d’entre vous ont sans doute déjà pu visionner ces vidéos de (pseudo) «Manifs de Droite», nées à l’initiative du collectif artistique « Restons vivants », en 2003, lors des mouvements d’intermittents du spectacle.

En bref, comme on peut le lire dans la description de la vidéo, « le 25 octobre 2003, des « artistes de rue de droite » se mobilisaient pour « soutenir » le gouvernement. Arnaud Contreras a réalisé un documentaire-court sur cet évènement culturel inouï, absurde, à prendre avec humour (dommage qu’il faille le préciser, mais les commentaires de gauche comme de droite sont parfois trop emportés). »

Quand on connait le principe on trouve assez facilement cette vidéo, mais hors contexte, cette vidéo est vite oubliée…
Tout cela ne vous dit rien? Regardons ensemble alors cette vidéo, non sans humour! :-)

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