Louis Michel, favorable aux OGM

Louis Michel, commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, a déclaré cette semaine à la presse être favorable aux OGM.

Principal argument: « cela fait dix ans que des gens mangent des OGM et on n’a pas démontré un seul cas néfaste » et d’ajouter que les craintes des partisans anti-ogm « ne reposent sur rien » et reflètent un
« obscurantisme scientifique ».

Parce que, pour Monsieur Michel, ceux qui sont contre les OGM sont simplement  des personnes qui refusent le progrès de la science.

Triste déclaration. Quelle manque de discernement.

Comme si le débat sur les OGM se limitait à la comestibilité des organismes génétiquement modifiés.  Comme si être « contre » les OGM c’était ça.

Être « contre » les OGM, c’est être contre tout un système. Car un aspect bien plus pervers et plus grave pourtant se trouve derrière la banalisation des OGM, c’est cette privatisation du vivant que l’on veut nous imposer. Breveter le vivant, remettre un savoir millénaire commun dans les mains d’industries privées, déposséder les agriculteurs et paysans de leurs savoir faire, c’est là que se trouve un vrai danger.

On ne résoudra pas les problèmes de faim dans le monde en ôtant aux États leur souveraineté alimentaire pour les mettre sous perfusion comme on veut nous le faire croire par un discours culpabilisant.

On pourrait encore parler de risques de dissémination indésirables (et incontrôlables) et de déstabilisation des écosystèmes et de la biodiversité.

Monsieur Michel, aurait-il passé trop de temps auprès des lobbyistes qui rôdent autour de la Commission ?

Pendant ce temps-là (heureusement), en France, un nouveau  mouvement des semeurs volontaires s’organise. Il revendique simplement la liberté d’échanger gratuitement des semences  et lutte contre la privatisation du vivant.

Si le vivant est privatisé, le problème majeur, c’est que cela s’impose à nous sans (possibilité de) liberté de choix. Une liberté qui semble pourtant primaire, universelle, perpétuelle, s’est envolée en quelques années de ce que Monsieur Michel appel « le progès scientifique ».

Il n’y a pas de « garanties » à obtenir. Il y a une logique dangereuse en marche à arrêter d’urgence. Avant qu’il ne soit trop tard. Dire non à la logique du tout brevetable, dire non au profit immédiat, penser développement, environnement, autonomie sur le long terme. On ne demande que ça.

Sources:

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